Décrocher: trucs et stratégies

 

1. Au niveau des attitudes

- Déterminer si, oui ou non, on veut penser au travail à l’extérieur de ses heures de travail. Si oui, réserver du temps pour y penser (ou pour en parler) et s’en tenir à ce temps. Le fait de trouver du soutien, de se sentir compris, peut diminuer le stress et nous permettre de passer à autre chose. Attention cependant à utiliser ce temps essentiellement pour exprimer ce que les difficultés nous font ressentir (peur, humiliation, frustration, etc.) ou pour tenter de trouver des solutions à ces difficultés. Le simple «chiâlage» ne fait qu’entretenir l’idée selon laquelle tout est de la faute des autres et qu’il n’y a rien qu’on puisse faire soi-même pour s’aider. Les récriminations qui ne sont pas adressées aux personnes qui peuvent changer des choses n'aident guère à se libérer.

- S’habituer à l’idée que la somme de travail qu’on nous confie est très souvent plus grande que ce qu’on peut réaliser; cela nous permettra de cesser de croire qu’on pourrait tout faire. On pourra alors mieux accepter qu’il nous faut renégocier certaines choses, ou il deviendra «normal» que certaines choses nous attendent. Quand il devient «normal» pour nous que ceci ou cela attende, il nous est plus facile de décrocher.

- Organiser ses journées de travail autour des choses importantes, en commençant par les plus urgentes; il sera alors plus facile de décrocher, puisque l’essentiel aura été fait. Autrement dit, travailler durant la journée sur ce qui risque de nous stresser le soir et... la nuit!

- Clarifier ses priorités avec son employeur et ses collègues; ainsi, il sera plus facile de s’y tenir, c’est-à-dire de dire «non» à ce qui n’est pas une priorité.

- Clarifier de quoi on répond, et à qui. Cela permet souvent de consacrer son temps à ce qui nous appartient et à le faire avancer

- Quitter le travail en regardant ce qu’on a accompli plutôt que ce qu’on n’a pas pu faire. Cela nous donnera le sentiment du «devoir accompli» même si tout n’a pas été fait. Les personnes qui ont été élevées à regarder presqu’exclusivement ce qui n’était pas parfait (tu as 88 % mais tu aurais pu avoir davantage…) n’arrivent souvent pas à reconnaître leurs accomplissements ; il manque toujours un petit quelque chose… Imaginez leur tourment quand il manque un gros quelque chose !

- Prendre du temps pour régler les conflits interpersonnels et autres sources de stress qui n’ont pas à voir avec la somme de travail. Ici, on a parfois besoin d’aide (son syndicat, un gestionnaire, les Ressources humaines)

2. Au niveau des choses techniques

            - Travailler si possible avec un agenda détaillé: y inscrire les tâches qui découlent des priorités. Ainsi, on verra mieux ce à quoi on consacre son temps et il nous sera plus facile de savoir si, oui ou non, on peut accepter certaines nouvelles tâches.

            - La pratique d’avoir une trace écrite (une liste de choses à faire, un agenda) permet de mieux prendre conscience de ce que l’on a accompli.

 

3. Au niveau des trucs

Les trucs suivants seront utilisés quand le travail nous envahira à des moments où on ne le veut pas. Il n’est évidemment pas interdit de penser au travail à la maison! Tout dépend de ce qu’on veut.

-  Éviter de parler du travail constamment à la maison ou durant les pauses et les heures de repas au travail; écourter les périodes où on s’en plaint à la maison.

-  Prendre davantage conscience de ses propres pensées. Mieux choisir ce à quoi on pense plutôt que de se laisser aller à s’engager dans ce à quoi notre cerveau nous présente spontanément.

- Quand on pense à des choses concernant le travail, renvoyer ces choses à un moment où on sera au travail et où on s’en occupera si elles sont prioritaires. («Je ne pense plus à cela maintenant mais j’y travaillerai à tel moment»). Pour les personnes plus visuelles, s’imaginer sur les lieux de travail le lendemain en train de travailler sur ces choses. Un de mes clients, installateur de système d’alarme, avait même développé l’habitude d’envoyer visuellement «dans son camion» les idées qui concernaient les difficultés qu’il prévoyait rencontrer le lendemain.

- On peut aussi emplir son champ visuel intérieur avec un gros «Stop» rouge imaginaire, et dire intérieurement le mot «stop» avant de penser activement à autre chose. Des phrases comme «demain est un autre jour» peuvent aussi avoir un effet positif.

- Si l’idée persiste, ralentir considérablement la vitesse avec laquelle on se parle dans sa tête: «telle---------cho----se-----est----déran-----gean-----te», tout en réduisant le volume: «telle---------cho----se-----est----déran-----gean-----te».

- Quand le travail nous vient en tête, en prendre conscience mais refuser de travailler: «voilà, je pense au travail, mais je refuse de travailler à résoudre maintenant le problème qui me vient à l’esprit. J’y travaillerai plutôt à tel moment. Pour l’instant, «STOP», et je passe au autre chose». Remarque: on reste intelligent! Il vaut parfois mieux poser un petit geste que de se battre toute une soirée contre ses pensées.

- Se donner une vie personnelle riche et intéressante. Une vie vide ou inintéressante laisse beaucoup de place à la pensée, qui s’occupe alors naturellement avec le travail.

4. Au niveau plus profond

- Chercher ce pourquoi le travail nous obsède: pourquoi a-t-on tant besoin d’y penser, de quoi a-t-on peur, où se sent-on menacé ou humilié, quelles valeurs sont en jeu?

- Une fois qu’on a mieux identifié ce pourquoi le travail nous obsède, travailler sur soi pour réduire ces obsessions: diminuer le perfectionnisme, cesser d’attendre une reconnaissance qui ne vient jamais, apprendre à lâcher prise sur ce qu’on ne peut pas contrôler, faire le deuil du temps où le travail était «mieux», développer une confiance en soi qui nous rendra moins dépendants de l’opinion des autres et nous permettra de mieux négocier, etc. Nos attentes étant plus réalistes, on sera moins stressé.