Autoévaluation des risques de burnout

Le questionnaire qui suit est tiré de mon livre Le burnout: questions et réponses.

Où en êtes-vous?

 

1. Comment vous sentez-vous par rapport à votre travail depuis cinq ou six mois?

 

__ Tout à fait heureux.

__ Un peu préoccupé.

__ Troublé (j'y pense vraiment beaucoup, je cherche des solutions, j'ai peur de certaines choses).

__ Obsédé (je pense presque toujours à ça, je suis presque incapable de décrocher).

 

2. Veuillez cocher, dans la liste suivante, les symptômes dont vous souffrez depuis quelques mois:

 

_ Je suis presque toujours fatigué;

_ j'ai du mal à me concentrer;

_ j'ai beaucoup perdu confiance en moi;

_ je donne un rendement moindre malgré beaucoup d'efforts;

_ je suis irritable;

_ je ne ris presque jamais;

_ j'ai perdu de l'intérêt pour beaucoup de choses;

_ je souffre de plusieurs problèmes physiques (insomnie, perte ou gain d'appétit ou de poids, problèmes digestifs, problèmes cardiovasculaires, allergies, grippes à répétition, fréquentes migraines, etc.).

 

3. Avez-vous eu un «sérieux avertissement»?

_ Oui, il m'est arrivé de «craquer» (de poser des gestes destructeurs bien malgré moi, de subir une grave attaque de panique, d'avoir de très sérieux doutes sur ma santé mentale, de m'effondrer en larmes alors que cela ne me ressemble pas, d'avoir le sentiment d'être vraiment rendu au bout du rouleau, etc.), même si ça n'a pas duré, que ce n'est pas revenu depuis, ou que j'ai le sentiment «d'avoir remonté la côte»

_ Non.

 

4. Êtes-vous présentement en arrêt de travail, après avoir été obsédé par votre travail et y avoir démesurément investi votre énergie?

_ Oui.

_ Non.

                                                                                                                                                                 

 

 

Interprétation

 

1. Si vous avez répondu «Obsédé» à la première question, si vous souffrez d'au moins quatre des symptômes mentionnés dans la liste et s'il vous est arrivé de craquer, sans que vous ne soyez encore en arrêt de travail:

 

Vous êtes sans doute très près de l'épuisement. J'aimerais que vous arrêtiez de vous faire croire que tout ne va pas si mal. Si vous voulez éviter une très grande souffrance, il vous faut commencer immédiatement à changer des choses. Comprenez que le mot «immédiatement» ne signifie pas «bientôt, quand j'aurai repris la situation en main»: il signifie vraiment «immédiatement», c'est-à-dire «avant toute chose», «malgré mes peurs d'être mal jugé ou de perdre mon emploi». «Bientôt», ce n'est pas la situation qui sera enfin sous contrôle: c'est vous qui serez hors contrôle et absolument incapable de continuer, si vous ne vous occupez pas de votre vie et de votre santé dès maintenant.

Je ne m'amuse pas à être alarmiste: je vous dis que, comme tous mes collègues médecins et psychologues, je rencontre jour après jour dans mon bureau des gens qui ont vécu ce que vous vivez maintenant et qui éprouvent d'immenses regrets de ne pas s'être arrêtés à temps. Parmi eux, on retrouve des gens qui étaient très forts.

Commencez immédiatement à ralentir. Si vous n'y êtes pas parvenu par vous-même d'ici deux semaines, demandez de l'aide professionnelle.

 

2. Si vous avez répondu «Troublé» ou «Obsédé» à la première question, que vous n'éprouvez encore que deux ou trois des symptômes mentionnés dans la liste et que vous n'avez pas eu d'avertissement sérieux:

 

Je vous invite vivement à prendre de la distance par rapport à vos «tâches» et à réduire votre «trouble» ou votre «obsession» en ce qui a trait à toutes vos prétendues obligations. Sinon, ces sentiments vont continuer d'augmenter et vous mener tôt ou tard à une fatigue encore plus intense, puis au burnout.

 

3. Vous n'avez que rarement le travail ou vos autres tâches en tête et vous ne ressentez qu'un ou deux des symptômes de la liste:

Vous n'êtes pas à risque en ce qui concerne le burnout.